ou la vie quotidienne d'un chercheur à Tokyo

Articles tagués ‘Sports’

La photo du mois

La photo du mois date d’il y a presque deux semaines maintenant. C’était le jour même où Google m’apprenait ironiquement que c’était le 115ème anniversaire de la découverte des rayons X…

Souriez !

Dimanche 7 novembre, j’avais un tournois de karate. Mon premier tournois. Alors forcement, un peu nerveux, un peu tendu. Et un peu à fond dedans aussi… Je me suis fait ça tous seul, comme un grand : ce n’est un coup que j’ai pris sur ma main droite, mais bien moi qui me suis double-fracturé en tapant dans les côtes d’un gars. Au moins il a eu mal, c’est déjà ça. Note pour plus tard : apprendre à donner des coups de poing…

Alors je vous sors la blague que je sors à tout le monde : « Oui… j’y suis pas allé de main morte ». Oh oh oh. Faut savoir qu’à l’origine, « karate » signifiait « main chinoise ». Dans son sens actuel (pour se débarrasser de toute origine chinoise de cette discipline et souligner que maintenant, c’est bel et bien japonais), « karate » signifie « main vide ». Je peux vous assurer qu’elle le restera un moment. Cinq semaines normalement, si tout va bien. Et encore j’ai de la chance, vu que je me suis également déplacé un os, je devais avoir le droit à une opération pour remettre tout ça en place, mais un scanner de la main a montré que c’était finalement moins grave que prévu. Au passage, bien foutu le scanner qui m’a fait une modélisation complète en 3D de l’ossature de ma main en quelques secondes. Ce sont pas des tocards, mes collègues qui travaillent en imagerie médicale !

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Sumo

Par quoi commencer pour décrire ce sport traditionnel vieux de 1500 ans ? Peut être par un bref aperçu de ses origines. Le sumo est indissociable de la religion shinto dont les rites sont ici omniprésents. L’origine même de ce sport puise sa source dans le shinto : selon la légende, le dieu de l’est et le dieu de l’ouest se sont battus pour déterminer lequel des peuples respectivement associés à ces dieux jouirait de l’archipel du Japon. Bien entendu, c’est le dieu de l’est qui a gagné.

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Séminaire « Baseball »

Mon labo fait très régulièrement des séminaires. Au moins un par semaine, et il participe également à des séminaires inter-labos. Notre séminaire à nous, ça tombe régulièrement le jeudi.

Mais par un beau jeudi de pluie forte, tout le labo avait décidé de faire un séminaire « baseball », c’est-à-dire que l’on squatte un terrain de Todai à jouer au baseball pendant deux heures plutôt que d’écouter quelqu’un sur sa recherche incompréhensible. Alors c’était pas si spontané que ça quand même, c’était prévu plusieurs mois à l’avance. Mais ça n’a rien enlevé à l’originalité de l’évènement (car c’était une première pour le labo) ni à son fun.

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Karate kid

Hier soir, alors que Tokyo se noyait sous une pluie battante, je me dirigea vers mon hypothétique futur dojo de karate, tel un moine combattant méditant sous la cascade. J’aurai voulu donner mes premières impressions à chaud dès en rentrant à la maison, mais comme il se faisait tard vous n’avez droit qu’à des réactions à tiède.

Sur Paris, j’étais dans un club karate-jutsu avec une forte composante projections / clés. Très difficile de retrouver un dojo de ce style sur Tokyo (ça doit pourtant bien exister !), j’en avais marre d’attendre et j’ai opté pour l’option de facilité : le dojo juste en face de l’université.

Premières impressions avant commencement :

  • C’est du karate-do qui m’a l’air classique, qu’avec des atemi c’est-à-dire des frappe pieds/poings. Pas de projection ni de clé.
  • Petite salle, 8 personnes, ambiances sympa. J’ai l’air d’intriguer les deux jeunes filles du groupe et elles viennent me voir en me parlant en anglais. Les jeunes garçons m’évitent. Le ceinture marron de 36 ans, Ali, un Tunisien qui vit au Japon depuis 13 ans, est mon partenaire pour la soirée : on est du même gabarit et il parle bien sûr français, ce qui facilite la tâche pour le maître et son assistant qui ne parlent pas du tout anglais.

On commence :

  • Et là, je souffre de 9 mois sans karate et pratiquement sans sport, à part le footing que je faisais sur Orléans avant de partir pour Tokyo. J’ai rapidement plus de souffle, me sens mal pendant l’échauffement, et je pense que j’étais à deux doigts de gerber pendant les séries d’atemi.
  • Difficile de définir le style du dojo. Tantôt j’y retrouve des positions de wado (comme le poing haut en ekite), tantôt j’y retrouve du shotokan (comme du nekodashi avec le pied avant à plat et les mains assez basses)
  • Comme je le dis plus haut, pas de projection ni de clé, ce que je regrette. Donc que des coups. Par contre ça frappe fort ! Je suis impressionné par la force de frappe d’Ali, mais aussi par les « petits jeunes » du club. Je tenais la patte d’ours (le sac de sable dirons-nous) pour Ali lors de ses frappes, et je pense qu’un seul de ses coups de poing au ventre aurait suffit pour m’allonger par terre, et j’y serais resté pendant plusieurs minutes…
  • Les exos sont assez classiques. Le cours dure une heure et demi, avec facilement 30 / 40 minutes d’échauffement. Le tout passe vraiment vite. Je retiens toutefois un exercice qui m’a impressionné : tous les élèves se mettent en file devant l’assistant, et un par un pendant 30 secondes on le bourine ! Lui reste stoïque et encaisse. Les élèves portent des gants et des protèges-tibia, l’assistant rien du tout. J’étais estomaqué de voir que les élèves ne retenaient pas leurs coups, ils les portaient vraiment ! L’assistant (donnons lui un nom : Iwanaka) ne cherchait pas à esquiver, parait les coups et ne répondait pas, sauf gentiment de temps à autre aux expérimentés pour montrer qu’à tel ou tel moment ils avaient baissé leur garde.

Après le cours :

  • J’écris ça moins de 24h après : j’ai rarement eu de telles courbatures… Nombreuses, et vraiment douloureuses ! Je suis rouillé, c’est clair !
  • J’ai bien adhéré à l’esprit, à l’ambiance, et je pense que j’ai beaucoup à apprendre dans ce club. Banco donc !
  • Quand même, mon club de Paris me manque. Des fois, j’ai l’envie de revenir sur Paris juste pour pouvoir revenir au club ! C’est vous dire !

Le sport (américain) au Japon

A l’heure où je devrai enfin reprendre le karate après une trop longue coupure, j’en profite pour parler un peu de sport.

LE sport national au Japon est de loin le baseball. Contrairement en France où les supporteurs du sport national, le foot donc, sont quasi-exclusivement masculins, le baseball au Japon est pour tout le monde : hommes, femmes, enfants. Il y a d’ailleurs un match de baseball du labo organisé le mois prochain, et comme j’étais catcheur (receveur, celui en armure derrière le batteur) dans l’équipe de baseball de mon collège, je devrais reprendre du service. :-p

Un autre sport américain pas populaire pour deux sous en France ou au Japon, mais que j’adore, c’est le hockey sur glace. LE sport collectif de vitesse par excellence. Mon rêve est d’assister une fois à un vrai match de la NHL, mais j’ai peur de ne pas pouvoir suivre. Ayant déjà assisté à un match de la toute modeste équipe orléanaise de hockey, je n’arrivais pas à suivre des yeux le palet tellement que ça allait vite, alors un match avec les meilleures équipes du monde… A savoir que le hockey est un sport d’une brutalité rare, ce qui n’est pas forcement pour me déplaire. C’est à ma connaissance le seul sport collectif où se battre n’est pas formellement interdit. Au foot, au basket, etc, si deux joueurs en viennent aux mains ils sont immédiatement expulsés de la partie. Au hockey, si deux joueurs se battent, c’est pris en compte dans les règles : ils ont chacun 10 minutes de pénalité (mise en « prison ») et reviennent dans le match une fois leur peine purgée. o_O Au passage, voici une vidéo (un peu puérile, certes) qui met tout de suite dans le bain les personnes qui ne savent pas ce qu’est le hockey.

Mais surtout, aussi ironique que cela puisse paraître, c’est au Japon que j’ai découvert le foot américain. Comme tout bon français je méprisais jusque là ce sport sans le connaître, car 1) c’est pas du foot, les ricains n’ont rien compris, 2) c’est archi-brutal (enfin ça, ça ne me gêne pas) et surtout 3) c’est pas du foot, les ricains n’ont rien compris. Et bien non, derrière cette bestialité se cache une technicité profonde et une tactique complexe. Passes d’une grande précision du quarterback, réceptions parfois vraiment impressionnantes, feintes agiles, limite acrobatiques, et des tactiques de jeu réellement diverses en fonction de la ligne de défense adverse, des linebackers, etc. Je connais encore bien mal mais commence à comprendre qu’il y a une dimension de finesse dans ce sport de brutes.

Enfin, je m’intéresse aussi de plus près au sumo. Je connaissais un peu puisque j’ai depuis longtemps une certaine impédance pour la culture nippone, mais jusque là je ne connaissais que des généralités. Là aussi se trouve quelques subtilités qui échappent à l’œil du néophyte. On habite (pour l’instant) pas loin de Ryogoku, là où se trouve la plus célèbre salle de combat de sumo du Japon. J’aimerai aussi aller voir du sumo là-bas. Quand j’irai, je mettrai bien sûr des photos sur le blog !