ou la vie quotidienne d'un chercheur à Tokyo

Archives de la catégorie ‘Nous deux !’

Quelques photos (et non, ça ne signifie pas une reprise active de ce blog :-p)

Toujours si peu de temps (et de motivation, faut bien l’avouer) pour entretenir ce blog, alors pour me faire pardonner voici quelques photos du mois de mai :

– Lune de miel en Nouvelle Calédonie : https://picasaweb.google.com/florian.richoux/NouvelleCaledonieLuneDeMielMai2011#

– Enchaînée avec 5 jours (tout seul cette fois, car pour le boulot :-p) à Bangkok : https://picasaweb.google.com/florian.richoux/BangkokMai2011#

À plus les enfants !

Mais qu’est-ce que tu fais maintenant ?

Alors je calme les fausses joies tout de suite : ce billet ne signifie pas une reprise sérieuse de mon blog. Mais je crois quand même important d’au moins vous dire ce que je fais en ce moment, version courte (enfin, pas-trop-longue).

Comme vous le savez, j’ai signé un nouveau contrat début septembre nous permettant de rester deux années supplémentaires sur Tokyo. Je ne vais pas détailler ici comment a fini mon différent avec l’administration du CNRS. Sachez juste que nous avons trouvé un « compromis », où ils sont quand même largement gagnant dans l’affaire. Mais bon, j’avais pas trop le choix, c’était à prendre ou à laisser.

J’ai donc un poste de deux ans en temps que chercheur dans un tout nouveau labo nippo-français en info, toujours à l’Université de Tokyo, la fameuse Todai. J’ai déménagé mes affaires à 400m à peine, et partage maintenant un grand bureau avec actuellement 3/4 autres chercheurs français. Autant vous dire que ça ne parle pas souvent anglais, et encore moins japonais…

Et mon boulot, il s’agit de quoi ? Pour ce nouveau poste, j’ai dû changer légèrement de thématique, ce qui n’était pas pour me déplaire car bien que j’ai beaucoup aimé ce que j’ai fais en thèse, je voulais voir un peu autre chose. Ce n’est pas non plus un changement complètement brutal. Avant, j’étudiais la difficulté intrinsèque de certains problèmes de contraintes. Ces derniers, appelés CSP, permettent par exemple de modéliser des problèmes comme le sudoku, l’emploi du temps d’un lycée, mais également les stratégies logistiques d’une compagnie de transport ou encore la décision d’un chemin à emprunter dans un environnement en 3D. Les CSP  sont des modèles couramment utilisés en intelligence artificielle, que l’on abrège par IA. Avant d’aller plus loin, je me suis rendu compte qu’il y avait une grande confusion dans l’esprit des gens. Pour M. Tout-le-monde, IA = robot. C’est faux ; on peut dire merci aux blockbusters américains. Je vais tenter de donner une explication simple, peut être un peu simplificatrice mais efficace. Si on voit le robot comme étant un corps artificiel, l’IA serait l’esprit. L’IA a comme application possible la définition du comportement d’un robot, mais porte également sur un champs beaucoup plus large. Il y a de l’IA dans votre voiture, dans vos jeux vidéos bien sûr, mais aussi dans votre micro-onde, votre ipod et dans la ligne de métro automatique qui vous emmène, peut être, tous les jours au boulot. L’IA est tellement disparate qu’il n’est pas facile d’en donner une définition en quelques mots (sans compter les différentes approches des chercheurs sur ce qu’ils appellent « IA »), mais en gros, je dirais que l’IA est l’étude et la reproduction automatisée des comportements.

Et c’est dans quoi je bosse maintenant. Avant j’étudiais de manière très théorique les CSP. Maintenant, j’essaye de trouver de manière automatisée une solution à ces problèmes le plus rapidement possible. En bref, dans mon labo nous concevons des algorithmes de résolution de CSP. Là où ça devient original, c’est que nous faisons cela sur l’un des supercalculateurs du Japon, ainsi qu’une grille de calcul basé en France (et peut être bientôt sur le supercalculateur du CEA en France). La conception d’algorithmes pour ces problèmes sur de telles machines est un domaine encore largement ouvert, très peu exploré. Et pourtant d’une importance de taille, car avec l’augmentation actuelle des cores CPU dans les ordinateurs, les supercalculateur d’aujourd’hui seront vos PC portables dans 10 ans !

L’une des raison pour laquelle je n’ai plus beaucoup de temps à consacrer à ce blog est la suivante. Travailler dans ce nouveau domaine me demande d’ingurgiter une grande quantité d’articles de recherche sur le sujet auquel je ne connaissais pas grand chose, mais également d’apprendre la programmation parallèle et de lire et comprendre le code existant qui a été écrit par mes collègues (l’une des partie les plus dures ; c’est l’horreur de lire le code source de quelqu’un d’autre, surtout quand c’est peu commenté T_T). C’est pour ça que je pense que d’ici quelques semaines, ça devrait déjà aller mieux une fois après avoir digéré toutes ces nouvelles choses.

Alors soyez encore un peu patient svp. ^_^ La reprise du blog ne devrait pas trop tarder !

Erratum

J’ai toujours des trucs à dire ; j’ai juste la flemme d’écrire en ce moment. Ça viendra. :-)

Mais ayant reçu plusieurs messages alarmés au sujet de mon nouveau financement, je tiens à faire une correction car visiblement je me suis bien mal exprimé. Plusieurs d’entre vous ont pensé que nous allions Mari et moi traverser une difficile période financièrement dû à cette réduction subite de salaire (par rapport à qui m’avait été promis). En fait, vous n’avez aucune inquiétude à avoir de ce côté : jamais je n’aurais été aussi bien payé, et en France on ne m’aurait jamais proposé un tel salaire. C’est juste qu’au lieu d’être très très bien payé, je vais « simplement » être  très bien payé. ^^

La précision étant faite, j’espère avoir la gniak pour écrire bientôt à nouveau. J’ai plein de choses à dire !

Pas un potager, mais presque !

Vous vous rappelez d’Anana-chan ? Mais si, notre queue de mini-ananas que Mari avait replanté. Et bien il (« elle » d’après Mari) a vachement poussé ! Et Mari lui à même trouvé d’autres camarades de jeux.

Anana-chan au fond, avec du basilic, une plante de café, et des fraisiers dans le grand bac !

Le basilic a une odeur vraiment puissante, et tellement bonne. Sans compter son goût…

Spaghettis sauce napolitaine, avec basilic maison !

Petit erratum : dans un commentaire du billet où je parle de kanji, je pensais que 禾 signifie « blé », en disant que le blé rougissait à l’automne au Japon. En fait j’avais mal compris ce que Mari m’avait expliqué (Antoine, fidèle lecteur du blog, avait tiqué sur l’étrange changement de couleur du blé, et moi-même qui n’y connait rien, l’info m’avait surpris). En fait ce kanji ne semble rien désigner de très précis. Son sens est quand même lié aux arbres et plantes, mais il est traduit par mon dictionnaire par « arbre à deux branches ». C’est quoi, ça ?

Pour quelques yens de plus…

Billet court, sans image, pour rapidement faire un point sur mon (notre) avenir.

Mon contrat expire à la fin de ce mois. Depuis maintenant un bout de temps, je sais que mon boss, Kaz, me propose un autre contrat de 5 mois, ce qui me permettrait de rester jusqu’à fin novembre 2010.

Et depuis moins d’une semaine, je sais que j’ai eu un financement CNRS auquel je candidatais, qui commencera le 1er septembre 2010 pour s’achever… à la fin août 2012. Gros lot ! Je suis sur Tokyo pour encore 2 ans et 3 mois ! ;-)

Ainsi mon contrat de 5 mois proposé par Kaz ne durera que 2 mois, ces juillet et août 2010. Chose amusante, je devrais déposer ma démission quasiment aussitôt après avoir signé ce prochain contrat, puisqu’il y a un préavis d’un mois et qu’il faut prendre en compte les vacances d’été du service administratif. Moi, je passerai l’été au frais avec la clim du labo. Ce contrat « de jointure » porte une obligation, mais qui ne me dérange pas : donner trois cours à des étudiants en master et doctorat sur mon domaine de recherche. Expérience intéressante qui me demandera un petit effort, mais pas trop. Je précise que le cours sera en anglais, je suis loin d’être capable d’enseigner en japonais !

Et mon prochain financement de deux ans, ça implique quoi ? Ceci : je reste dans la même université, je déménage dans un autre labo qui se trouve 500m plus loin, je change de chef (je serai sous la responsabilité d’un professeur français qui est ici depuis 6 ans) et je change légèrement de domaine de recherche pour travailler sur des choses plus appliquées, en l’occurrence de l’intelligence artificielle en exploitant la puissance de calcul du super-calculateur du Japon auquel j’aurai accès, rien que ça, oui môssieur.

Alors Mari est heureuse ; elle reste un peu plus longtemps au Japon, ça lui permettra de mieux se préparer à un départ pour la France d’ici deux ans (car je pense difficilement réalisable de trouver un poste titulaire ici). Et autre nouvelle : on a finalement la possibilité de rester dans la maison ces deux prochaines années ! Sauf si jamais les gens du temple se décident à revendre la maison, option qu’ils envisagent dans un avenir plus ou moins proche.

A l’occasion, je décrirai un peu plus mon nouveau boulot… dès que j’en saurai plus moi-même. ^^

Déménagement !

Tout début mai, nous avons emménagé dans une maison à Ikebukuro, quartier super animé de Toshima-ku (voir la carte). Nous passons donc du fin fond de l’est de Tokyo à l’ouest moins excentré.

Toshima, c'est le petit arrondissement en bleu vers le milieu. Ca touche Bunkyo où je bosse.

(suite…)

Vive les mariés !

Certains d’entre vous le savaient : aujourd’hui, à 8h08 heure française, Mari et moi, nous nous sommes mariés !

Vous n’avez pas été invité ? C’est normal, personne ne l’a été. On n’a fait qu’un mariage civil et cela ne se célèbre pas au Japon. On fera sans doute une cérémonie shinto mais plus tard, quand on aura l’argent, genre dans un an peut être. Le mariage civil au Japon, c’est purement une formalité administrative : on remplit des documents, on les donnent à un employé de la mairie, il met un tampon quelque part et nous sommes mariés. Asako et Jori, le couple d’ami nippo-américain avec qui nous avons fait Hanami, ce sont mariés un matin : ça a prit deux minutes et ils sont partis au boulot juste après. Nous, on s’est marié aujourd’hui, et ensuite on est allé faire des courses…

On a des photos de mariage (prises il y a trois semaines déjà), mais je rappelle que Mari ne veut pas avoir sa frimousse sur le net :-p

On a fait quoi après les courses ? On avait prévu une petite balade romantique durant cette magnifique journée, en faisant un tour de barque (malgré mes courbatures) du côté de kagurazaka, pour aller ensuite dîner chez Joël Robuchon (ouais, c’est un bon pote) dans son château (première photo de ce billet). Manque de bol, je suis malade : j’ai la gorge très irritée, mais vraiment beaucoup. On a donc décidé de rester tranquillement à la maison et de reporter balade et resto à jeudi prochain, jour férié pour raison d’anniversaire de l’ancien empereur (oui, le fameux Hiro Hito).

Au passage, nous sommes allé voir hier au cinéma ダーリンは外国人 (en français : « mon chéri est un étranger »), et c’était bien sympa. Mari s’est retrouvée dans certaines situations que connaissent les couples nippo-autre-chose, et perso, même si j’ai compris le gros de l’histoire, j’ai rien pané aux dialogues T_T. En attendant le DVD avec les sous-titres en anglais.

J’ai pleins de choses à vous dire en ce moment ! Je vais essayer de trouver le temps pour écrire !