ou la vie quotidienne d'un chercheur à Tokyo

Archives de la catégorie ‘Le Japon’

les Japonais fans du cannabis ?

Restons dans le domaine horticole. Il faut savoir que le Japon, ainsi que les Japonais, sont extrêmement virulents en ce qui concerne les drogues, même celles dites douces. Là où chez nous un ado sur deux a essayé le joint et où on sait très bien que bon nombre de « stars » fument plus ou moins impunément (pas plus impunément que le reste de la population en fait), au Japon on ne voit pas du tout la chose du même œil. Un(e) chanteur(euse)/acteur(trice)/people pré-fabriqué carton-pâte comme on sait si bien les faire ici qui se fait choper (pour ne pas dire pécho) avec du cannabis se voit mitrailler par tous les médias à travers un lynchage soigneusement organisé, et il (elle) peut dire « au revoir » à sa « carrière ». Pendant ce temps, notre Johnny se reprend un rail.

Connaissant ce contexte, c’est avec un grand étonnement que je voyais un peu partout des motifs représentant… des feuilles de cannabis ! Par exemple, notre traditionnel sapin-sent-bon accroché au rétro intérieur en France est ici remplacé par une belle feuille sent-bon de cannabaceae.

Comme ici par exemple. Et j'ai vu des voitures avec 4/5 feuilles accrochées. Certainement des junkies...

Mais on retrouve cette feuille ailleurs que dans les voitures. On peut aussi l’exhiber fièrement sur un sweat taille enfant par exemple.

En plus au fond, y'a marqué "c'est pas cher".

Alors, où est le piège ? Les Japonais ne savent-ils pas à quoi ressemble le cannabis ? Non, en fait c’est moi qui me plantait.

La ressemblance est frappante, mais il s’agit ici non pas de feuilles de cannabis mais d’érable japonais.

Regardez-moi ce beau rouge !

Il faut vraiment être un expert (en érable japonais, il en va sans dire) pour ne pas s’y tromper, n’est-ce pas ?

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Le théâtre des hommes

Billet court, car il n’y a pas beaucoup de photos et finalement peu de choses à dire, ne connaissant pas assez bien le théâtre noh pour pleinement le décrire.

Nous sommes allés le mois dernier avec des amis voir une pièce de théâtre noh au théatre de Tokyo. Le théâtre noh, c’est le théâtre traditionnel japonais où l’intégralité des acteurs sont des hommes (même pour les rôles féminins), portant souvent un masque, et où la musique, la danse et le chant ont une place très importante.

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Sumo

Par quoi commencer pour décrire ce sport traditionnel vieux de 1500 ans ? Peut être par un bref aperçu de ses origines. Le sumo est indissociable de la religion shinto dont les rites sont ici omniprésents. L’origine même de ce sport puise sa source dans le shinto : selon la légende, le dieu de l’est et le dieu de l’ouest se sont battus pour déterminer lequel des peuples respectivement associés à ces dieux jouirait de l’archipel du Japon. Bien entendu, c’est le dieu de l’est qui a gagné.

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Kamakura

A la mi-mai (mon dieu, plus d’un mois déjà, je suis vraiment à la bourre avec mon blog ^^’), Uli, un ami doctorant de Paris, est passé nous voir sur Tokyo. Il était de passage un week-end entre deux conférences. Il était déjà venu plusieurs fois au Japon et connait un peu Tokyo et ses alentours. Il nous a notamment fait découvrir le célèbre coin Kamakura, au sud de Tokyo à une heure de « RER », où de nombreux temples bouddhistes sont présents. Voici l’album photo.

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Lost in traduction des kanjis

Depuis début mai et jusqu’à fin juillet, je me tape 6h40 de cours de japonais par semaine, gratuitement accessible aux étudiants et chercheurs de Todai ainsi qu’à leur compagne/compagnon.

L’ambiance est sympa tout en restant sérieuse et surtout studieuse : interros « surprises » très régulières, examens d’entrée, de milieu de parcours et final, bref on doit marcher un peu au pas et ça fait tout drôle de revenir à ce système estudiantin que j’avais laissé derrière moi depuis… offf… un bon moment.

Mais ça porte ses fruits. C’est efficace, on apprends vite et pas mal de chose. L’accent est clairement mis sur la pratique orale en nous faisant participer plusieurs fois par séances à des « role plays », des mini-mises en scène théâtrales où l’on doit se mettre dans la situation d’un client demandant des renseignements, ou en parlant de sa famille, de son arrivée au Japon, etc.

Ces cours existent à 6 niveaux différents, et étant arrivé au Japon quasiment débutant j’ai pris le niveau le moins élevé (ça s’est révélé être un choix judicieux ; je n’aurai pas tenu dans le niveau 2). Il y a deux sessions de cours par ans, les cours d’été (maintenant) et d’hiver (novembre – février). Comme je reste ici encore deux ans et quelques, j’ose pouvoir espérer atteindre le niveau 5 avant de repartir, et ça serait déjà très bien !

L’un des quatre cours hebdomadaires est consacré à l’étude des kanji. Vous savez, ces idéogrammes chinois repris par les Japonais au Vème siècle et qui sont particulièrement difficiles à étudier, y compris pour les Japonais eux-même. Difficiles certes, mais indispensables pour lire quoi que ce soit, puisqu’omniprésent. Ils ont le mérite de donner une origine, un sens à certains mots japonais, et c’est là que l’on aperçoit le côté poétique de cette langue. En voici quelques exemples.

Téléphone se dit littéralement « parole électrique ».

Feux d’artifice : fleurs de feu.

Professeur : celui qui a vécu.

Étudiant : celui qui apprend la vie.

Musique : sons agréables.

Temps (climat) : esprit / air du ciel.

Religion : étude / enseignement de la logique du ciel.

Annuler : s’arrêter au milieu.

Automne : épis de blé en feu (car le blé tourne au rouge en automne).

Tristesse : automne dans le cœur (donc au complet : épis de blé en feu dans le cœur).

Il y en a certainement une multitude d’autres ; il ne me reste qu’à les apprendre au fur et à mesure…

Fêtes à Hamamatsu

Du 1er au 5 mai au Japon, c’est la « golden week », entièrement fériée. Et la 3ème destination des Japonais pendant la golden week est Hamamatsu, alors qu’en général il n’y a pas grand chose à faire. Pourquoi ? Pour les 30 ans de Mari le 5 mai dernier ? Non, même pas : c’est pour la fête des cerfs-volants de Hamamatsu !

Du 3 au 5 mai se tient la fête des cerfs-volants (tako), qui s’achève en beauté le 5 mai lors de la fête des enfants (célébrée dans tout le Japon). N’étant arrivé que le 4 au soir, vous n’aurez ici que des photos et vidéos de la journée du 5, mais c’est la journée principale (modulo une chose, j’y reviendrai).

A Hamamatsu, cerfs-volants et naissance d’un enfant sont liés. La tradition de cette fête remonte à 430 ans, lorsqu’un seigneur local célébra la naissance de son premier fils en faisant voler des cerfs-volants. Depuis, on fait voler du 3 au 5 de grands cerfs-volants carrés en l’honneur des nouveaux nés, surtout le 5, le jour des enfants. Chaque quartier de la ville a son équipe avec leur cerf-volant, leurs vêtements et leur blason. Le 3 et/ou 4, on fait des combats de cerfs-volants entre quartiers (plus « violent » donc pas associés aux enfants) où le but est de limer les ficelles des adversaires en frottant les siennes contre les ficelles adverses et en espérant que leurs ficelles cèderont avec les votre.

Mais le 5 c’est plus « bon enfant » et le but est seulement de faire voler les cerfs-volants le plus haut possible. Le tout sur un grand terrain dégagé, avec des milliers de participants et autant de visiteurs, et environ 170 cerfs-volants. Parfois, le nom des nouveaux-nés d’un quartier est inscrit sur leur cerf-volant.

Un petit aperçu de ce que ça donne dans le ciel.

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Les universités au Japon

Je ne pouvais pas ouvrir ce blog sans parler au moins un peu du système universitaire japonais. Honnêtement je n’ai pas encore tout compris, mais je pense avoir eu le gros de l’idée.

Commençons par des chiffres. A l’instar des restaurants, le nombre d’universités dans Tokyo est délirant. On en dénombre plus de 100 (très difficile de trouver un dénombrement exact ; certaines sources vont jusqu’à en dénombrer plus de 200 !), alors qu’il y a 83 universités (publiques) dans toute la France. Certes si on devait y inclure les écoles d’ingénieur et de commerce, on exploserai ce chiffre. Cependant il y a aussi des « écoles » spécialisées au Japon ainsi que des « juniors university » délivrant des bac+2 seulement. Si je devais inclure ces universités/école dans le dénombrement, ça ferait mal… Comme je connais bien mal ces deux derniers je n’en parlerai pas ici.

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