ou la vie quotidienne d'un chercheur à Tokyo

Je ne pouvais pas ouvrir ce blog sans parler au moins un peu du système universitaire japonais. Honnêtement je n’ai pas encore tout compris, mais je pense avoir eu le gros de l’idée.

Commençons par des chiffres. A l’instar des restaurants, le nombre d’universités dans Tokyo est délirant. On en dénombre plus de 100 (très difficile de trouver un dénombrement exact ; certaines sources vont jusqu’à en dénombrer plus de 200 !), alors qu’il y a 83 universités (publiques) dans toute la France. Certes si on devait y inclure les écoles d’ingénieur et de commerce, on exploserai ce chiffre. Cependant il y a aussi des « écoles » spécialisées au Japon ainsi que des « juniors university » délivrant des bac+2 seulement. Si je devais inclure ces universités/école dans le dénombrement, ça ferait mal… Comme je connais bien mal ces deux derniers je n’en parlerai pas ici.

Toutes les universités ont un concours d’entrée, plus ou moins difficile, donnant ainsi une sorte de classement implicite de niveau (un peu comme les écoles d’ingé et de commerce en France). Les concours d’entrée se divisent en deux étapes : la première est un concours national, le même pour tout le monde, aboutissant sur un classement national et vous donnant le « droit » de passer la deuxième étape, à savoir le concours spécifique à chaque université. En fait, je n’ai pas bien compris si cette première étape décidait de votre seconde épreuve ou si elle était à titre indicative. Il faut se décider pour cette seconde étape, car on ne peut passer les concours que d’une seule université publique par an. Par contre, rien n’empêche de passer les concours d’une université publique et de quelques universités privées.

Il n’est pas rare que des élèves ayant raté le concours de l’université qu’ils visaient étudient un an ou plus dans des sortes de prépa afin de réussir leur concours. Dans ce cas on les appelles des « ronin » (littéralement, « samourais sans maître »). On peut diviser les universités en trois catégories : université publiques, universités privées (y’en a beaucoup et elles ne sont pas forcément moins bonnes que les publics) et universités nationales. Je ne comprend toujours pas la réelle différence entre universités publiques et privées, vu que ces dernières ne sont pas forcément plus chères. En ce qui concerne les universités nationales, si j’ai bien compris il s’agit des  premières universités (publiques) historiques, et elles sont souvent les mieux côtés. Todai et Kyodai, respectivement à Tokyo et Kyoto, sont reconnues comme étant les deux meilleures. Todai forme l’élite entrepreneuriale du pays (un peu comme l’X) et Kyodai forme l’élite scientifique (un peu comme l’ENS). Ces deux universités sont d’ailleurs ouvertement rivales (tiens, un peu comme l’X et l’ENS :-p).

L'Université de Waseda, à Tokyo. L'une des meilleurs universités privées avec Keio (également à Tokyo). On estime son niveau dans la même lignée que Todai.

Ici les étudiants sont vraiment plongés dans la recherche à travers les laboratoires. Dès la licence, les étudiants choisissent leurs cours et sont rattachés à un laboratoire dans la spécialité qu’ils ont choisis. Ainsi les licences commencent déjà un vrai travail de recherche au sein des labos. Ils y ont leur bureau (des open-spaces bien sûr), leur affaires, etc. La licence dure 4 ans ici, le master 2 ans et la thèse 3 ans. Tout est synchronisé par rapport à l’année universitaire, soit avril – février (contrairement à septembre – juillet pour nous), même les thèses qui commencent toutes en avril et doivent terminer en février 3 ans plus tard (contrairement à chez nous où ça commence n’importe quand et ça termine n’importe quand). A noter aussi que les étudiants en master peuvent enseigner en TD auprès des licences, ce qui est très très rare en France. Ceci montre une nouvelle fois à quel point les étudiants japonais sont plus impliqués dans la vie des laboratoires et des universités qu’en France.

La société nippone étant extrêmement hiérarchisée (par l’âge, le statut social, …) et cela se ressent réellement dans les labos. Les professeurs sont les maîtres incontestés, suivis par les profs associés très respectés. Un doctorant en dernière année a une réelle emprise et autorité sur un doctorant de première année, lui-même ayant cette supériorité sur les masters, etc. J’ai vu un doctorant demander à des masters et licences de vider les poubelles de la salle (puisqu’on doit le faire nous-même), lesquels se sont tous exécutés dans la seconde qui suivit, sans broncher. De même, j’ai vu une master, pourtant de nature un peu timide, traiter comme un enfant un pauvre licence encore plus timide qu’elle.

Je fini ce billet avec quelques photos et un vidéo du concours d’entrée de Todai et de la journée de la publication des résultats.

L'une des deux journées du concours de Todai. C'était bourré de monde, même si on ne s'en pas compte avec cette photo prise à la va-vite.

C'est blindé de monde. Tous les ans, le 10 mars est la journée de la publication des résultats du concours d'entrée des universités publiques. Ainsi on met de grands panneaux dans l'université où sont inscrit le numéro des étudiants ayant réussit l'examen. L'occasion pour les différents clubs de Todai de faire leur promo !

Et une vidéo pour capturer l’ambiance. C’est la fête comme vous pouvez le voir. Les étendards bleus sont des groupes de supporters, à savoir des actuels étudiants de Todai félicitant les nouvelles recrues.

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