ou la vie quotidienne d'un chercheur à Tokyo

Le bruit sourd que faisait ce débat en France depuis quelque temps commence à monter en décibel, et c’est parti de la proposition d’instaurer des quotas de 30% d’élèves bousiers dans les grandes écoles (GE). On en est déjà plus là.

Je propose ici d’exposer mon point de vue, car des fois j’aime bien l’exprimer, surtout si on m’a rien demandé. Je vous invite à en faire autant dans les commentaires, surtout si vous avez une opinion divergente, ce qui risque fort d’être le cas. Cette première partie va plutôt traiter des classes prépa, car je m’aperçois qu’autrement le billet sera bien trop long.

Ma position par rapport aux GE est assez ingrate, car il faut le reconnaître : je leur crache à la gueule alors que j’ai fait ma thèse dans une GE. Je n’ai rien contre les GE en soit, mais plutôt contre la place qu’elles occupent dans la société française et la tête des gens. J’ai eu la chance de connaître les deux systèmes, à savoir prépa et université, ainsi que le système GE que je connais très bien, même sans jamais avoir été élève-ingénieur. Je me rappelle d’un prof de Math qui m’avait dit, lorsque je lui avais fait part de mes projets d’entrer en prépa, que c’était un système qu’il n’aimait pas du tout car cela « détruit plus de personnes qu’il n’en créé ». J’avais pris cette remarque par dessus la jambe, et continuait avec la ferme volonté de faire prépa. Aujourd’hui je ne suis pas complètement d’accord avec sa remarque, mais je dirai que la prépa construit bien mal les personnes.

Déjà, la prépa est un stupide lavage de cerveau. Pour mon premier jour de prépa, notre prof de Math a commencé son discours de bienvenue par « Vous êtes l’élite de la nation » (véridique, mot pour mot). Vous avez 17/18 ans, et forcement vous gobez ce genre de paroles. Vous avez l’impression que pour la première fois, vous êtes considérés, remarqués avec attention, traités avec respect. Viens ensuite la mentalité où, pour se sentir supérieur, on écrase les autres, « les autres » étant ici les étudiants de fac, ceux qui ne glandent rien, qui font en deux ans ce que l’on fait en un an, etc. Cette mentalité est entretenu indirectement (parfois directement) par les enseignants de prépa par les discours et remarques. Bref, on se sent au dessus du lot, et c’est bien sûr rassurant. Quelqu’un qui n’a connu que prépa/GE, puis ne fréquente au boulot qu’une majorité de personnes venant du même horizon a de bonnes chances de se complaire dans cette mentalité, et s’il devient recruteur un jour (ce qui risque fort d’arriver), il continuera certainement à se laisser cautionner par cette mentalité qui influencera fortement ses choix envers les candidats.

J’ai quitté la prépa au bout d’un an et un mois (donc au bout d’un mois de Maths spé), sentant que je perdais pied, surtout en physique qui avait été jusque là ma grande favorite. C’est d’ailleurs après une khôlle (un oral) de physique complètement foiré que j’ai décidé qui quitter la prépa. Je suis donc allé à la fac, royaume des glandeurs. J’y suis allé la tête haute, fier, avec toujours ce regard légèrement condescendant envers ceux qui ne sont jamais allé en prépa. Je leur disais, mais gentil, « off, les cours ne sont pas durs pour moi; Je viens de prépa, vous savez… ». Viennent les partiels. et là, je me suis pris une méga-claque. C’est là que j’ai réalisais que le niveau de la fac était loin d’être ce que j’imaginais, et que tout ce que l’on m’avait dit sur la fac en prépa et même avant étaient de belles conneries. Un monde s’effondrait.

Avec le recul, ce que je n’aime pas en prépa, en plus de cette mentalité aussi nauséabonde qu’illégitime, c’est la formation en elle-même. La prépa est un univers frustrant : on vous présente un tas de choses intéressantes auxquelles vous n’avez pas le temps de vous y intéresser. C’est ni plus ni moins le supplice de Tantale. Alors que le royaume des glandeurs, lui, vous présentera moins de choses, certes, mais beaucoup plus en profondeur. Surtout, il incite l’étudiant à approfondir par lui-même, à aller plus loin sur le sujet qu’il désire, qui l’attire. Les profs ne sont là finalement que pour montrer le chemin en enseignant un début de quelques chose. L’étude n’est vraiment complète que si l’étudiant poursuit ce chemin seul, avec toutefois la possibilité de demander conseils et précisions aux profs qui se feront toujours un plaisir à prendre sur leur temps pour répondre à un étudiant motivé et curieux. Pour achever cette comparaison prépa / licence à la fac, je dirai que la prépa c’est de l’élevage en batterie, où on prends un grand entonnoir et on gave l’étudiant de maths et de physique (et si le foie éclate, tant pis pour lui), alors que la fac est de l’étudiant-fermier élevé en plein air, au grain, à son rythme mais avec du tonus. C’est peut être ce tonus qui manque (il peut exister mais il n’est pas contraint). J’y reviendrai dans un prochain billet.

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Commentaires sur: "Débat sur les Grandes Ecoles, partie 1" (13)

  1. Mycroft a dit:

    Ça c’est de la critique ! Pour être en plein dedans, je reconnais que beaucoup de gens se moquent de la fac, alors qu’en fait, on y fait la même chose, la pression en moins.
    Cela dit, ça ne vient que de certains élèves (et du directeur d’études, mais chut !), alors que pour notre prof de maths, c’est le lycée qui prend (assez violemment, je dois dire). T’en pense quoi grand sachem ? Le problème, il viendrait pas du secondaire plutôt ?

  2. J’ai passé quelques années en fac. Je ne connais pas la prépa, mais ce que tu décris est simplement effrayant et confirme que je n’aurais jamais pu passer par cette case (j’ai, de toute façon, été un glandeur/fétard notoire en fac ! ^^). Et puis aujourd’hui, je n’ai pas le sentiment d’être plus con qu’un autre même s’il est des domaines dans lequels quelques lacunes se révèlent (maths, physique, chimie). Et puis je suis vieux maintenant (40), plus de regrets à avoir ! ^^. En tout cas, ton analyse de la prépa est très… Freaky !! ^^

  3. Je suis passé aussi par la prépa et j’en garde plutôt de bons souvenirs. Cela tiens aux amis que j’avais dans la classe, à l’environnement du lycée etc.. Je n’en ferai donc pas un portrait aussi radical.

    En revanche on peux effectivement se poser quelques questions sur la prise en main des jeunes élèves en prépa. Je viens juste de commencer à enseigner l’analyse à des élèves d’université et je me rend particulièrement compte à quel point la formation en classe préparatoire est formatante.

    Quand je présente des fonctions d’analyse, comme par exemple le log, je vois que leur livre de classe cherche à tout prix à illustrer chaque fonction par un exemple de modèle réel, quitte à sauter un peu la partie physique (un modèle de chute de balle illustrant une fonction quadratique obtenu à partir d’une interpolation pour éviter de parler de F = ma par exemple…)

    Au contraire, l’enseignement-type de la prépa c’est « bonjour, aujourd’hui on parle de TRUC. 1) définition, 2) propriété » et l’idée c’est que tu n’as pas à comprendre mais à ingurgiter et recracher comme il faut…

    Plus généralement, la prépa se situe dans une dynamique qui pousse l’élève à ne pas penser par lui-même mais à suivre pas à pas sans poser trop de questions.

    Après il faut pas s’étonner que le profil moyen de l’ingénieur GE soit celui de la couille-molle….

    Le nombre de personnes que j’ai vu autour de moi partir dans des carrières genre consultant parce qu’on leur avait dit que c’était bien de faire ça…

    Du coup cela forme à une certaine culture de suiveur. Je pense par exemple aux cadres d’Orange poussant les employés à la crise de nerfs. Et bien la plupart du temps, le cadre en question ne fait qu’obéir à la logique de sa boite, sans se poser de question…

  4. Salut vous trois !

    Pour ce qui est du collège/lycée, j’en parlerai dans la suite de ce billet. Je suis d’accord avec un grand nombre d’opinion que l’on trouve sur le net, sur le fait que le manque d’élèves ou étudiants de classe populaire voire moyenne dans le supérieur (en prépa/GE ou master) vient en partie des faiblesses du secondaire. Ceci dit, ce n’est pas le secondaire qui entraîne les problèmes de mentalité et de formation de la prépa…

    Moi aussi j’ai beaucoup aimé cette période prépa dans un sens, car j’étais dans une classe avec une très bonne ambiance, très décontractée (trop ?), avec un peu de compétition mais gentille et toujours seine. J’ai gardé d’excellent contact avec certains potes de prépa.

    Je rejoins l’analyse de toots : la prépa est abrutissante dans le sens où, contrairement à la fac, elle ne laisse place à aucune réflexion personnelle, aucun volonté d’approfondissement. On ne cherche pas à former des gens qui pensent bien, mais des encyclopédies scientifiques sur pattes. Et effectivement je crains fort que cela ne perdure en GE, sauf à l’ENS qui est quand même à part (car avec un modèle calqué sur la fac).

    Désolé de peindre un tel portrait alors que tu es en plein dedans Mycroft. :-/ Mais il est encore temps de t’échapper, tu sais ^^ Ca m’a pas trop mal réussi personnellement.

  5. Eusebio a dit:

    Je me trouve un peu « le cul entre 2 chaises » en ayant fait une prépa intégrée. D’une part, le programme y était un peu orienté vers les spécialités de l’école (élec, info), donc franchement allégés sur d’autre domaine (chimie…), tout en restant à mon gôut trop violent en maths par exemple. D’autre part, les enseignants cherchaient très souvent un cas concret pour illustrer ce qu’ils nous expliquaient (sauf en maths, parce que la pratique ou les exemples en maths…).

    Pour avoir pu comparer avec une personne qui faisait un cursus assez ressemblant en fac, j’ai surtout constaté qu’on avait un suivi du travail différent. Les colles, tant décriées, étaient réellement un moment de partage avec le prof, pour peu qu’on ait bossé le cours avant. En outre, ces colles « obligeaient » à ne pas décrocher au cours du semestre.

    Enfin la prépa étant intégrée à une école d’ingénieur, la compétition y étaient beaucoup moins présente que les rumeurs que j’ai entendu sur les prépas classiques.

    J’ai vraiment aimé cette préparation au cycle ingénieur (et encore plus avec du recul) ; je pense que je ne m’en serais pas aussi bien sorti en faisant des études avec un système de partiels (fac ou école d’ingé, d’ailleurs).

    Cela dit, il y a effectivement des petits malins pour te dire que tu fais partie de l’élite de la nation, bla bla bla…
    Et là où j’étais, on (surtout les profs) avait effectivement tendance à dire que la fac c’était pour les glandeurs, et en même temps à mépriser les « bêtes à concours » de prépa classique.

  6. Coucou Flo (et les autres ;))

    Je rejoint l’avis modéré de toots, ayant eu le plaisir de passer par la prépa et par la fac (une petite année de licence) et je ne suis pas entièrement d’accord avec toi.

    J’irais même en l’encontre de tous en disant que le parcours de prépa est probablement plus facile que le parcours de DEUG. Je le pense, en reprenant vos arguments : on est guidé et suivi, « gavé » de science…

    L’étape Postbac (+0 -> +2) qui correspond à une période clé dans les études dîtes longue est une période où des notions complexes de Math/Physique sont à assimilées. Ce sont des bases, et elles sont indigestes, comme souvent, mais indispensable pour aller dans des registres plus savoureux. C’est comme les arpèges en musique. C’est chiant mais indispensable. (Effectivement, cette étape est de plus en plus dure car le secondaire tend à baisser chaque année son niveau pour atteindre le fameux 80% de réussite au bac – Je suis bien placé pour le savoir, mon père étant prof de terminals)

    La fac est intransigeante. Tu te motive ou du crève. La prépa est bien plus confortable, d’autant que, j’en suis certain, les connaissances que tu es sensé assimiler sont peu ou prou les même à la sortie des deux cursus. En prépa, tu es dans un cadre familier (le lycée) et avec une manière de travailler très scolaire, très guidé, très surveillé. Certain peuvent ne pas trouver çà cool que d’être forcé d’avaler cette connaissance sans donner à chacun la liberté d’approfondir son sujet, mais, je me répète, je ne pense pas que ce soit le moment pour çà. Je pense aussi que ce travail obligatoirement régulier te permet d’acquérir les connaissances plus durablement et qu’il est plus difficile de laisser sur le bas coté quelques disciplines que tu révisera à la va vite pendant les 2 semaines avant les partiels et qui te permettront d’avoir tes partiels. De plus, Les concours étant sur le programme des 2 années, il est indispensable de conserver en mémoire l’intégralité des connaissances et pas uniquement ce que tu as appris les 6 derniers mois. Toutefois, je suis peut-être mauvais juge, n’étant pas pas passé par la case DEUG. J’ai toutefois constaté que cette manière de travailler était acquise par les gens en Licence (et que d’ailleurs elle fonctionnait plutôt bien :p)

    Je conclurais enfin mon plaidoyer de la classe prépa sur le fait que toutes ne sont pas comme tu les décris et je pense qu’elle le sont de moins en moins, souffrant de la mauvaise réputation qui en sont faite : « C’est un endroit dur ou on casse du bon élève ».

    En ce qui me concerne, je n’ai jamais eu droit au layus sur l’élite de la nation, ni autres brimades de professeurs, qui s’ils sont exigeants, n’en sont pas prétentieux ni pédants. Alors certe, j’ai eu mon lot de bache (dont un mémorable 0.1 sur un problème de trigonalisation de matrice), mais c’est probablement justement car je n’ai jamais pris le temps d’approfondir mon sujet et car je ne me contentais que de ce que m’apportais le professeur… En prépa comme en fac, si l’on veut s’illustrer, il faut fournir un travail supplémentaire de façon autonome…

  7. PS: désolé pour les fautes d’orthographe, mais il n’y a pas moyen d’éditer ses propres commentaires… Flo, je ne connais pas bien WordPress, mais es-tu sur qu’il n’y a pas moyen de configurer çà ?

    PS : http://julienappert.com/wordpress-editez-vos-commentaires-avec-le-plugin-editable-comments.html ;)

  8. Hello,

    Petite précision peut être sur l’univers de la fac tel que je l’ai perçu: si en effet le travail personnel est indispensable pour réussir, il est simplement nécessaire et suffisant (du moins en droit…) de recracher le cours du professeur pour arriver à des notes correctes. Toute recherche annexe visant à dévelloper des théories contraires à l’opinion du prof ou du chargé de TD risque de se faire rembarrer, à moins de tomber sur un prof ou un chargé au dessus de la moyenne, ce qui est peu fréquent.

    En bref: apprendre par coeur le cours du professeur et le régurgiter suffit pour passer en année supérieure. Celà se conçoit dans les premiers semestres d’une matière nouvelle, où effectivement il est indispensable d’apprendre les bases; je pensais par contre qu’après la license on commencerait à avoir des réflexions personnelles. Ce ne fut pas le cas et on rencontre à haut niveau de nombreux crétins dotés d’une très bonne mémoire…

    Par ailleurs, les professeurs sont parfois aussi complètement à côté de la plaque, je me souviens d’une prof nous assenant « vous valez XX milliers d’euros »: c’est méconnaitre totalement le monde du travail. Un étudiant sans expérience, ne vaut absolument rien pour un patron.

  9. un fonctionnaire solidaire a dit:

    Camarade,

    je n’ai pas lu le texte ci-dessus, parce que je suis une feignasse et que ce texte est bien long.
    Néanmoins, j’ai l’impression que tu fais ton général de Gaulle en appelant à la résistance, malgré ton exil insulaire.
    Tu vas pas nous faire une nouvelle constitution à ton retour tout de même ?

  10. Une réponse rapide. Je ne sais pas si accumuler des informations pour deux ans est plus profitable et durable que de la faire pour 6 mois (au passage, je dénonce moi aussi le côté bachotage des partiels). Après tout, si on peut faire l’éponge pendant 6 mois, pourquoi pas pendant 2 ans, ou même plus comme le fait entendre Kelvi et son expérience des études en droit. Je ne crois pas que le bourrage de crâne de prépa m’ait fait retenir grand chose, malheureusement :-/

    Sur le côté « tu te motives ou tu crèves » de la fac, je suis assez d’accord. J’en parle justement dans la suite de ce billet (et je sens que mes idées ne vont pas plaire ^^).

    Enfin, en ce qui concerne l’auto-édition des com’. Merci pour cette recherche Seb, mais je crains ne pas pouvoir faire grand chose. Ce blog est gracieusement hébergé sur les serveurs wordpress qui, « pour des raisons de sécurité », n’acceptent pas l’installation de plugins autres que ceux qu’ils proposent eux-même…

  11. Les différents commentaires permettent de constater que la perception de la fac/prépa dépend de beaucoup de choses : les préjugés (fac=glande, prépa=élite), la façon d’apprendre (préfère un cours structuré, préfère approfondir par moi-même), la promotion (esprit de compétition, esprit d’entraide), les professeurs, etc.

    L’éducation est un domaine où je trouve qu’il est difficile d’émettre des avis aussi tranchés. Personnellement, en lisant le billet de Florian, et en simplifiant ces propos, on peut croire ingénieurs ayant fait prépa = oies gavées = personne pas complète ou limitée. Pourtant, ayant fait prépa puis école ingénieur, je ne me sens pas comme ça.

    Comme je le disais en introduction, cela dépend de plein de paramètres. Pour ma part, j’ai été dans une prépa où il y avait une bonne ambiance de camaraderie : « on a tous le même objectif : entrer dans une école d’ingénieur, bon courage et bonne chance… »
    Cependant je reconnais qu’il y a des profs qui sont un peu « élitistes ». Mais la majorité de mes profs nous ont clairement dit : « Notre objectif est de vous faire entrer dans une école d’ingénieur et de vous faire devenir des cadres dirigeants ».
    Je suis cadre moyen en informatique et je considère que je me suis donnée les moyens pour suivre l’éducation que j’avais envie.
    En prenant du recul et en ayant discuté avec certains personnes ayant fait la fac et ayant passé des examens à la fac pour voir à quoi ça ressemblait, je reconnais que le contenu enseigné est le même à la fac et en prépa mais ils ne sont pas présentés du tout de la même manière. Connaissant un minimum ma manière de travailler et d’apprendre, la prépa est ce qui était le plus adapté pour moi. Et en école d’ingénieur en informatique, les professeurs t’enseignent la base et à toi de d’approfondir si tu le souhaites.
    Je reconnais que ce que j’ai appris en prépa ne me sert pas dans mon métier d’aujourd’hui. Cependant, cela m’a permis de structurer une partie de mon esprit, d’en apprendre plus sur moi-même sur ce que je suis prête à faire pour un boulot, les compromis que je suis prête à faire, etc.

    En conclusion, qu’importe la fac/prépa, l’important est de trouver une structure qui te conviennent : pour certains, cela peut être un BTS/DUT/formation professionnelle/formation continue/IUT et les relations humaines qui te feront avancer aussi bien dans le savoir, la perception de ce que tu présentes de toi-même, la perception que les autres ont de toi et les discussions qui rassemblent ou pas :p

  12. Je vois que les gens qui ont fait une école défendent leur beefsteak, et c’est bien normal. :-)

    Cependant je m’aperçois que je n’ai pas su bien faire passer mon message, et en relisant mon billet je trouve ça pas étonnant. J’espère que la seconde partie du billet sera plus clair.

    Ce qui m’insupporte avec les GE, c’est plutôt le côté dual dans la société française : « t’as fait une école, donc je t’engage / t’as fait la fac, donc t’es un moins-que-rien » (je grossi un peu les traits, mais à peine). J’ai déjà parlé avec un recruteur ayant fait une école qui me disait clairement qu’il se méfiait (pour reprendre ses termes) des gens qui sorte de fac et qu’il ne prenait que des diplômés ingénieurs. Et malheureusement ce n’est pas un cas isolé. Trop souvent les entreprises vont préférer prendre un gars que sort d’une école lambda (dont pour certaines le concours est une vaste blague et où l’on paye son diplôme) plutôt qu’un gars qui a fait de brillantes études à la fac. Et à l’embauche pour le même genre de job et à niveau d’études équivalent, pourquoi le gars qui sort d’une école est mieux payé que le gars qui a fait la fac ?

    Bref pour résumer en une phrase, ce qui m’écœure dans ce système, c’est la considération démesurée qu’ont les GE (ou E tout court) dans la tête des gens et dans les faits, face à l’université. Mais je vois une solution (difficile, certes) : changer le système universitaire, changer les mentalités des entreprises, et dynamiter les écoles. C’est mon programme électoral qui sera exposé ce dimanche.

  13. Il est certain que je n’avais pas compris ton idée première. Pour moi, tu étais parti en croisade contre la prépa et les GE :p
    Quand j’ai présenté le CV d’un de nos copains « fac » à ma boite, j’ai dû défendre son parcours.
    En fait, la fac souffre d’une image : « études destinées à la recherche » ou « études pas assez pragmatiques »
    Dès lors, il est vrai qu’un recruteur va privilégier les candidats GE alors que certaines d’entre elles sont moins bien que certaines fac. Je ne nie pas ce propos.
    En fait, le recruteur considère que le candidat GE aura plus de connaissance sur le process Entreprise puisqu’il aura travaillé beaucoup en mode Projet et ne considère pas qu’à la fac, il y ait ce genre de choses qui se fassent.
    Après, je suppose que cela dépend des branches professionnelles :p

    Les mentalités ne se changeront pas toute seules :p
    Une mesure à mettre en place ne serait-il pas d’instaurer un quota de gens venant de la fac, BTS, DUT, etc. dans les entreprises ? Le gouvernement actuel est très friand de ce genre de mesures apparemment :p

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